Rabah ASMA "Au grand Jour" Ref: AM20085
Genre dominant dans les années 70, la chanson kabyle,
qui a été la première à avoir apporté un vent de modernité dans le paysage musical algérien,
a fini par privilégier, quelques années plus tard, le texte au détriment de la
mélodie et de l'orchestration.
On observe alors, à l'aube des années 80, à l'heure de la " World music "
un repli communautaire et un manque d'ambition d'universalité des artistes
kabyles, symptomatique d'une création en panne singulière d'imagination.
En 1982 un jeune chanteur grave sa première cassette sans pour autant
réussir à se faire entendre, en y prêtant une oreille attentive, on sent
poindre dans cette " œuvre " de jeunesse bien des qualités vocales et
mélodiques novatrices.
La cassette enregistrée l'année d'après connaîtra
un meilleur sort et sortira notre vocaliste du cercle étroit de la confidentialité.
Le style Rabah ASMA était né, vif et alerte, alternative festive à la morosité
ambiante,
synthèse originale de rythmes et de mélodies d'inspiration
traditionnelle avec des arrangements et des textes résolument contemporains
proches des préoccupations de la jeunesse.
Né à Rejaouna, un village agrippé au mont Belloua qui veille sur Tizi-Ouzou,
capitale de la Kabylie, Rabah ASMA a fait ses premières armes,
à l'âge de dix ans,chez les scouts.
Le louveteau poussait tellement bien le chant patriotique
qu'autour de lui on parlait d'un petit prodige qui ira très loin.
Fan de Slimane AZEM ,Cheikh EL HASNAOUI et Lounis AÏT MENGUELLET,ASMA a
commencé d'abord par l'interprétation de leurs standards en s'accompagnant
à la guitare.
A 16 ans, il tente de se frayer un chemin dans le milieu musical d'Alger mais,
faute de soutien, il n'y parvient pas.
Du coup il se décide de partir à Paris
avec l'espoir de se faire remarquer par un des nombreux producteurs qui ont
pignon sur Barbes.
Un rencontre avec un vétéran de la chanson Algérienne,
gérant d'un café chantant, rue popincourt lui vaut un engagement comme
" ambianceur ", Rabah, aussi à l'aise dans le chant Marocain que dans la mélodie
kabyle,
surprendra la clientèle par son jeu de scène et sa décontraction, deux
caractéristiques qui feront sa renommée.
Pendant une année ASMA enchantera le public tout en améliorant ses techniques
vocales et scéniques qui feront merveille lorsqu'il entame ses premières
animations de fêtes de mariages.
En 1985, il s'impose comme l'un des chanteurs kabyles le plus populaire grâce
à ses morceaux très dansants. En 1987, c'est avec " Ay adu ",
que toute l'Algérie le découvre à travers les aventures de " R'Mimez ",
une comédie musicale diffusée par la télévision, dans laquelle il joue son propre rôle et obtient une consécration
nationale.
Ses concerts , donnés dans les salles immenses et prestigieuses comme
la coupole d'Alger, attirent les foules et un public majoritairement jeune car,
avec lui , on n'a guère le temps de s'échauffer, on transpire tout de suite.
Plus de vingt ans après sa première cassette , son style " heddi ", tempo d'essence
Berbère marocain, et folk vif des montagnes kabyles, n'a pas pris une ride.
Ses fans de la première heure retrouvent à travers les 9 nouveaux titres de cet
album les accents d'une kabylie qui, bien que blessée dans sa chair et dans sa
langue, n'en a pas moins gardé l'esprit festif dont Rabah ASMA est le représentant
incontesté.